Les conférences de novembre et de décembre 2018

Le samedi 17 novembre 2018, à 15 heures, à l’Académie de Musique (salle Léon Dubois)

Léon JOURET (1828-2018), un compositeur du Pays d’Ath
par André VAN OEKEL, licencié en musicologie, membre de l’Association des conférenciers francophones de Belgique

Accompagnement musical : Miyaghi Osada, artiste lyrique, mezzo-soprano ; au piano : Tangy Catoire, directeur de l’Académie de Musique d’Ath

A l’occasion du 190e anniversaire de la naissance de Léon Jouret (17/10/1828-06/06/1905), la conférence s’exercera à replonger le compositeur athois dans le contexte historique de l’époque, l’Indépendance belge sous l’aspect musical, et le rôle qu’il a tenu dans ce contexte.  Emigré à Bruxelles, Léon Jouret est néanmoins resté au contact de sa terre natale où il a eu une certaine audience.  A côté de la publication de 24 chansons traditionnelles du Pays d’Ath, il a également harmonisé le Grand Gouyasse pour piano et écrit une cantate pour l’inauguration de la statue d’Eugène Defacqz.  Plusieurs airs musicaux interprétés par des artistes locaux baliseront la trame de l’exposé.

Samedi 15 décembre 2018 à 15 heures.

Des artisans du châtiment : nouveaux regards sur les maîtres des hautes œuvres dans les anciens Pays-Bas (ca.1350-ca.1570) depuis l’exemple du Brabant et du Hainaut

Par Nathalie Demaret, docteur en histoire, responsable des secteurs Archives, Héraldique, Sociétés archéologiques à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

On en sait à la fois beaucoup et peu sur le personnage de l’exécuteur médiéval et moderne. En réalité, comme en ce qui concerne les « sorcières » au Moyen Âge, un grand nombre d’éléments largement considérés par l’inconscient populaire comme des attributs de ces personnages relève plus du fantasme que de l’étude scientifique. Néanmoins, lorsque cette dernière s’intéresse à cet acteur, elle l’étudie souvent par le biais d’occurrences uniques découvertes pour telle ou telle ville, par des voies indirectes et pour des périodes où ce métier et tous les éléments qui l’accompagnent, y compris la notion d’infamie et l’existence de dynasties, sont arrivés au terme de leur construction. De ce fait, lorsqu’il est question du bourreau médiéval, beaucoup de phénomènes « datés » et géographiquement déterminés sont projetés sur un personnage alors totalement différent des bourreaux tels que les Sanson de Paris, par exemple.

Consciente de ces éléments, j’avais pour objectif, dans ma thèse, de tenter de dresser une première synthèse plus largement documentée de la vie et des pratiques de ces artisans du châtiment au tournant du Moyen Âge et des Temps modernes, qui soit affranchie d’une conception « héritée » et teintée de romantisme et de fantasme du personnage.

Dans cette communication, je décrirai le cheminement qui a été le mien tout au long de cette recherche, nourrie principalement par l’analyse des comptabilités urbaines et d’officiers de justice, depuis l’établissement de ma méthodologie de travail jusqu’à ses conclusions.

Le cadre dans lequel elle s’inscrit est constitué du Brabant et du Hainaut, deux principautés en mutation entre le XIVe et le XVIe siècle. On verra, notamment mais pas exclusivement, que cette recherche met au jour les subtiles évolutions à l’œuvre tant dans l’administration des châtiments que dans l’organisation des exécuteurs en réseaux familiaux, professionnels et d’apprentissage, par exemple. J’aborderai également la manière dont ces mutations offrent progressivement plus de marge de manœuvre aux maîtres des hautes œuvres et plus de poids à leurs revendications, notamment salariales, auprès des autorités dont ils dépendent, parmi lesquelles se trouvent, en première ligne, les Magistrats urbains. J’évoquerai aussi la façon dont ces acteurs évoluent au cœur des jeux et enjeux de pouvoir entre les différentes autorités qui recourent à leurs services. Je tenterai enfin, puisque le Cercle royal d’histoire et d’archéologie d’Ath et de la région m’accueille à cette occasion, d’aborder la place et le rôle de la châtellenie d’Ath dans ce cadre : celle-ci recourt-elle plus ou moins régulièrement que d’autres au service d’un bourreau, par exemple ? Les techniques employées dans cette juridiction tout comme le vocabulaire désignant cet acteur, etc., font-ils de la châtellenie une exception en la matière ou, au contraire, une circonscription « classique » ? J’espère ainsi offrir un nouveau regard, plus nuancé, sur cet acteur particulier.

 

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